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J.6 Quelles méthodes d'éducation des enfants les anarchistes préconisent-ils ?

Sommaire

Les anarchistes sont depuis longtemps conscients de l'importance de l'instruction et de l'√©ducation des enfants. En tant que tel, nous sommes conscients que l'instruction des enfants devraient avoir pour objectif de d√©velopper "une individualit√© √©mancip√©" et non "un esclave du travail patient, un automate professionnel, un citoyen payant ces imp√īts, ou juste un moraliste" [Emma Goldman, Red Emma Speaks, p. 108]. Dans cette section de FAQ, nous allons discuter des approches anarchistes de l'√©ducation des enfants en gardant √† l'esprit "que c'est √† travers l'enfant que le d√©veloppement de l'homme d'√Ęge m√Ľr, doit aller, et que les id√©es actuelles... de l'√©ducation ou de la formation... sont de nature √† √©touffer la croissance naturelle de l'enfant" [Ibid., P. 107].

Si l'on admet la th√®se que la famille autoritaire est un terrain fertile pour les probl√®mes psychologiques individuels et la r√©action politique, il s'ensuit que les anarchistes devraient essayer de d√©velopper des moyens d'√©lever des enfants qui ne les paralyseront pas psychologiquement, mais plut√īt leur permettre d'accepter la libert√© et la responsabilit√© tout en d√©veloppement l'auto-r√©gulation naturelle. Nous allons nous r√©f√©rer √† des enfants √©lev√©s d'une telle fa√ßon comme des "enfants libres".

Les travaux dans ce domaine en sont encore √† leurs d√©buts (sans mauvais jeu de mots). Wilhelm Reich est encore le principal pionnier dans ce domaine (une excellente introduction √† ses id√©es peuvent √™tre trouv√©es dans le livre de Maurice Brinton "The Irrational in Politics"). Aux enfants de l'avenir, Reich a fait de nombreuses suggestions, sur la base de ses recherches et l'exp√©rience clinique, pour les parents, les psychologues, les √©ducateurs et il s'efforce de d√©velopper des m√©thodes libertaires dans l'√©ducation des enfants. (Il n'a pas utilis√© le terme ¬ęlibertaire¬Ľ, mais c'est ce que sont ses m√©thodes.)

Par conséquent, dans cette section et dans les sections suivantes nous allons résumer les principales idées de Reich ainsi que celles d'autres psychologues et éducateurs libertaires qui ont été influencés par lui, tels que Neill et Alexander Lowen. La section J.6.1 examinera les principes théoriques impliqués dans l'éducation libre des enfants, tandis que les sections suivantes illustreront leur application dans la pratique avec des exemples concrets. Enfin, dans la section J.6.8, nous allons examiner l'approche anarchiste des problèmes de l'adolescence.

Une telle approche de l'éducation des enfants est basée sur l'idée que les enfants "ne constituent la propriété de personne : ils ne sont ni la propriété des parents, ni même de la société. Ils appartiennent seulement à leur propre avenir de liberté" [Michel Bakounine, The Political Philosophy of Bakunin, p. 327]. À ce titre, ce qui se passe pour un enfant quand il grandit de plus en plus pour se former une personne qu'ils deviennent et la société dans laquelle ils vivent. La question clé pour les personnes intéressées à la liberté est de savoir si "l'enfant [doit] être considéré comme une individualité, ou comme un objet devant être moulé selon les caprices et les fantaisies de <u>ceux à ce sujet </u>? " [Emma Goldman, op. Cit., P. 107]. L'éducation Libertaire des enfants est le moyen par lequel l'individualité de l'enfant est respecté et dévellopé.

Ceci est en contraste frappant avec la norme capitaliste (et anarchiste individualiste, il faut le noter) affirmant que les enfants sont la propriété de leurs parents. Si nous acceptons que les enfants sont la propriété de leurs parents, alors nous sommes implicitement à déclarer que des années de formation de l'enfant sont consacrées à l'esclavage, une relation dure qui permettra de promouvoir la liberté et l'individualité de l'enfant ou de l'ensemble de la société. Il n'est pas étonnant que la plupart des anarchistes rejetent de telles affirmations. Au contraire, ils font valoir que les "droits des parents doivent se limiter à aimer leurs enfants et à exercer sur eux... une autorité [qui] ne soit pas contraire à leur moralité, leur développement mental, ou leur liberté pour l'avenir" [Bakounine, op. Cit., P. 327]. Etre la propriété de quelqu'un (c'est-à-dire esclave) va à l'encontre de tous ces éléments et "il s'ensuit que la société, tout l'avenir de qui dépend une éducation adéquate et d'éducation des enfants..., a non seulement le droit mais aussi le devoir de veiller sur eux ... " [Ibid., P. 327]

De ce fait, l'éducation des enfants fait partie de la société, un processus commun par lequel les enfants apprennent ce que signifie être une personne en étant respecté comme une par d'autres. Dans les paroles de Bakounine, la "vraie liberté - c'est la pleine conscience et la réalisation de celle-ci dans chaque individu, avant tout fondé sur un sentiment de dignité de chacun et sur le respect véritable pour la liberté et la dignité de quelqu'un d'autre, c'est-à-dire sur la justice - par exemple la liberté peut se développer chez les enfants que par le développement rationnel de leur esprit, leur caractère et leur volonté" [Op. Cit., P. 327].

Nous tenons √† souligner au d√©part que beaucoup de travail reste √† faire dans ce domaine. Par cons√©quent, nos observations devraient √™tre simplement consid√©r√©es comme provisoires pour d'autres bases de la r√©flexion et de la recherche par les personnes concern√©es avec l'√©ducation et l'√©ducation des enfants. Il est, et ne peut pas √™tre, un "livret de r√©gles" pour √©lever les enfants, parce que suivre une r√®gle inflexible d'un livre c'est ignorer le fait que chaque enfant et son environnement est unique et exige donc des r√©ponses unique de leurs parents. D'o√Ļ les "principes" libertaire d'√©ducation des enfants auxquelles nous allons nous r√©f√©rer ne devraient pas √™tre consid√©r√©es comme des r√®gles, mais plut√īt comme des hypoth√®ses exp√©rimentales ayant √† √™tre test√© par les parents au sein de leur propre situation par l'application de leur intelligence et d'en tirer leurs propres conclusions.

√Člever des enfants doit √™tre, comme l'√©ducation, fond√© sur des principes similaires, √† savoir "la libre croissance et le d√©veloppement des forces et des tendances inn√©es de l'enfant. De cette fa√ßon, la seule chose que nous pouvons esp√©rer pour la libert√© individuelle et √©ventuellement aussi pour une communaut√© libre, qui devrait rendre impossible l'ing√©rence et la contrainte sur la croissance humaine" [Goldman, op. Cit., P. 115]. En effet, l'√©ducation et l'instruction des enfants ne peut pas √™tre s√©par√© de la vie, elle-m√™me est une sorte d'√©ducation, et doit partager les m√™mes principes et √™tre consid√©r√© comme un processus de d√©veloppement et d'exploration, plut√īt que de r√©primer l'instinct d'un enfant et inculquer l'ob√©issance et la discipline" [Martha A. Ackelsberg, Free Women of Spain, p. 132].

En outre, le r√īle de l'exemple parental par exemple est tr√®s important pour √©lever des enfants libres. Les enfants apprennent souvent en imitant leurs parents - les enfants font ce que leurs parents font, et non pas ce qu'ils disent. Si le p√®re et la m√®re sont l'un par rapport √† l'autre, √† crier, se battre et ainsi de suite, l'enfant va probablement faire de m√™me. Le comportement de l'enfant ne vient pas de rien, c'est un produit de l'environnement, il est √©lev√© dans (en partie par, au moins initialement, la copie des parents). Les enfants ne peuvent seulement qu'√™tre encourag√©s par l'exemple, pas par des menaces ni des commandements. Comment les actes des parents peuvent ils √™tre comme un obstacle au d√©veloppement d'un enfant libre. Les parents doivent donc √™tre conscients du fait qu'ils doivent faire plus que simplement de dire la bonne parole, mais aussi d'agir comme des anarchistes dans le but de produire des enfants libres.

La triste v√©rit√© est que les gens plus moderne ont perdu l'aptitude √† √©lever des enfants libres, et retrouver cette capacit√© sera un long processus d'essais et d'erreurs et d'√©ducation des parents dans lequel il est √† esp√©rer que chaque g√©n√©ration successive va apprendre des √©checs et succ√®s de leurs pr√©d√©cesseurs, et ainsi s'am√©liorer. Dans le meilleur des cas, au cours de quelques g√©n√©rations, le nombre de parents progressifs continuera √† cro√ģtre et √† √©lever toujours des enfants plus libre, qui √† son tour, deviendra encore des parents plus progressif eux-m√™mes, ainsi changera progressivement la psychologie de masse dans un sens libertaire. Ces changements peuvent se produire tr√®s rapidement, comme on peut le voir dans diff√©rentes communes dans le monde entier et en particulier dans le secteur des kibboutz d'Isra√ęl-Palestine o√Ļ la soci√©t√© est organis√©e selon les principes libertaires, et principalement les enfants sont de plus en plus dans leurs foyers. Comme le dit Reich:

"Nous avons appris que, au lieu d'un saut dans la réalité de l'enfance de l'avenir, nous pouvons espérer rien de plus qu'une avancée stable, dans laquelle la santé des nouveaux chevauchera l'ancienne structure malade, avec la nouvelle s'etendant lentement sur l'ancienne" [Children of the Future, pp. 38-39].

Par le biais de la liberté fondée sur l'éducation et de l'instruction des enfants, ainsi que d'autres méthodes de sensibilisation, aussi bien qu'encourager la résistance à l'ordre social existant, les anarchistes espérent préparer le fondement psychologique d'un changement de paradigme social, allant de l'autoritarisme à des institutions et des valeurs libertaire. Et, en effet, une évolution culturelle progressive allant de plus en plus vers la liberté semble exister. Par exemple, comme A.S. Neill l'écrit dans Summerhill, "Il y a une lente tendance à la liberté, sexuelle et autre. Dans mon enfance, une femme portait des bas de baignade et une robe longue. Aujourd'hui, les femmes montrent les jambes et les corps. Les enfants sont de plus en plus en liberté à chaque génération. Aujourd'hui, seuls quelques fous mettent le poivre de Cayenne sur le pouce d'un bébé pour l'arrêter de le sucer. Aujourd'hui, seuls quelques pays battent leurs enfants à l'école" [p. 115].

La plupart des anarchistes croient que, de même que la charité commence chez soi, il en va de même de la révolution anarchiste. Comme certains anarchistes élevent leurs propres enfants dans la société capitaliste et / ou sont impliqués dans la sensibilisation et l'éducation des enfants des autres parents, ils peuvent en partie pratiquer des principes libertaires, même avant la révolution. C'est pourquoi nous pensons qu'il est important de discuter de l'éducation libertaire des enfants en détail.

J.6.1 Quels sont les principes essentiels pour émanciper des enfants libres, et les obstacles principaux pour mettre en application ces principes ?

Nous allons examiner les obstacles en premier. Comme le souligne Reich, le plus important est la formation et le caractère de la plupart des parents, des médecins et des éducateurs. Sur la base de son expérience clinique, Reich a soutenu que pratiquement tous les adultes de notre société ont un certain degré de problèmes psychologiques, qui se manifestent comme une somatique "armure" rigide musculaire : les tensions musculaires chroniques et les spasmes dans les différentes régions du corps. L'une des principales fonctions de cette armure est d'inhiber les sensations agréables de la vie-énergie qui naturellement "flux" ou débite par l'intermédiaire d'un organisme non armé. Reich a postulé qu'il existe une bioénergie basique ("orgone") dans le corps, identique à ce que Freud appelle la "libido", qui, en plus d'animer les tissus et les organes est également l'énergie du sexe et les émotions (il convient de noter que la plupart des anarchistes ne souscrivent pas à l'idée d'"orgone" de Reich - dont l'existence, on peut noter, n'a pas été prouvé. Cependant, l'idée des armures du caractère, par lequel les individus dans une société hiérarchisée créent des murs/défenses psychologiques autour d'eux-mêmes est une chose que la plupart des anarchistes acceptent. Ces murs ont évidemment un effet sur le mental et l'état physique de l'individu, et leur capacité de vivre une vie libre et de vivre avec plaisir). Cela signifie que le plaisir "fluctuant" de cette bioénergie, qui peut être ressenti lorsque l'armure musculaire est détendu, a une qualité érotique ou "libidineuse". Ainsi, un organisme non armé (comme un nouveau-né) a automatiquement des expériences de plaisir à chaque respiration, un plaisir provenant de la perception de la nature des processus bioénergétiques dans le cadre de son corps. Un tel mode d'existence dans le monde rend la vie intrinsèquement une valeur vivante et rend superflu toutes les questions sur son "sens" ou son "objectif" - les questions qui se produisent seulement pour les gens blindés, qui ont perdu le contact avec leur coeur bioénergétique de sensations corporelles (ou c'est déformé, et ainsi c'est modifié à partir d'une source de plaisirs vers une source de souffrance), et donc limite leur capacité à pleinement profiter de la vie.

C'est important pour ceux qui sont impliqu√©s dans l'instruction et l'√©ducation des enfants, de comprendre comment se d√©veloppe l'armature du nouveau-n√©. Reich souligne que sous l'influence d'un compulsif, la morale d√©niant le plaisir, on apprend aux enfants √† inhiber le flux spontan√© de la vie-√©nergie dans le corps. De m√™me, ils apprennent √† ne pas tenir compte des sensations corporelles. En raison des conflits Oedipiens dans la famille patriarcale (voir ci-dessous), les parents prennent g√©n√©ralement la plus r√©pressive des mesures disciplinaires contre expressions sexuelles de la vie-√©nergie chez les enfants. Ainsi, tous les sentiments √©rotiques, y compris les sensations "diffuses" teint√© d'erotisme, viennent √† √™tre consid√©r√©s comme "mauvais", "animal", etc, et de sorte que leur perception commence √† susciter l'anxi√©t√©, ce qui entra√ģne, entre autres, de mauvais r√©sultats, des tensions musculaires chroniques comme un moyen de couper ou de se d√©fendre contre de telles perceptions et leur cort√®ge d'anxi√©t√©. La respiration, par exemple, r√©duit la quantit√© d'√©nergie vitale √† la disposition des flux d'entr√©e dans l'excitation et l'√©motion; le resserrement des muscles du plancher pelvien et de l'abdomen r√©duit les sentiments sexuels, et ainsi de suite. Comme ces tensions deviennent chroniques et inconscientes, s'accumulant couche apr√®s couche de l'armure musculaire, la personne est finalement laiss√© avec un sentiment de vide int√©rieur ou "deadness" et - pas surprenant - d'un manque de joie dans la vie.

Pour ceux qui ne parviennent pas à construire une armure physique et psychologique stable autour d'eux-mêmes pour supprimer ces sentiments et ces sensations, ils les ont juste tordus et encore et encore avec d'intenses sensations et sentiments désagréables.

Le blindage musculaire a son plus profond effet dans des douleurs de dos et dans divers probl√®mes de respiration. Reich a constat√© que l'homme ou la femme ¬ęnormale¬Ľ dans notre soci√©t√© ne peut pas prendre spontan√©ment la compl√©te, profonde respiration naturelle, qui implique aussi bien la poitrine et l'abdomen. Au lieu de cela, la plupart des gens (sauf lors d'un effort conscient) restreignent leur respiration par le biais d'une tension inconsciente de divers muscles. Depuis que la r√©ponse naturelle √† toute restriction dans la capacit√© de respirer est l'anxi√©t√©, les personnes grandissent dans des cultures r√©pressives comme la n√ītre sont en proie √† une tendance √† l'anxi√©t√© chronique. Comme moyen de d√©fense contre cette angoisse, ils d√©veloppent de nouvelles couches de blindage musculaire, ce qui restreint leur capacit√© √† respirer, et ainsi de suite par un cercle vicieux. En d'autres termes, il est litt√©ralement vrai que, comme Max Stirner le dit, on ne peut pas "prendre souffle" dans notre soci√©t√© autoritaire avec cette atmosph√®re, niant la vie, bas√©e sur des sanctions, des menaces, et la peur.

Bien s√Ľr, le sexe n'est pas la seule expression de vie-√©nergie que les parents essaient d'√©touffer chez les enfants. Il y a aussi, par exemple, des expressions vocales naturelles de l'enfant (cris, hurlements, mugissement, pleurs, etc) et la mobilit√© naturelle du corps. Comme Reich le note :

"Les petits enfants passent par une phase de d√©veloppement caract√©ris√© par une forte activit√© de la musculature vocale. La joie de l'enfant d√©coule de bruits (pleurs, cris, et la formation d'une vari√©t√© de sons) est consid√©r√© par de nombreux parents comme une agressivit√© pathologique. Les enfants sont averti en cons√©quence de ne pas crier, d'√™tre "immobile", etc. Les impulsions de l'appareil vocale sont inhib√©es, sa masse musculaire devient chroniquement contract√©, ainsi l'enfant devient calme, le "bien en apparence", et retir√©. L'effet de tels mauvais traitements est manifeste dans les troubles alimentaires, l'apathie g√©n√©rale, la p√Ęleur du visage, etc. Les discours et les troubles de la parole retardant le d√©veloppement sont probablement caus√© de cette mani√®re. Chez l'adulte, nous voyons les effets de ces mauvais traitements sous forme de spasmes de la gorge. Les constrictions automatique de la glotte et de la musculature profonde de la gorge, √† la suite de l'inhibition des impulsions agressives de la t√™te et du cou, semble particuli√®rement caract√©ristique" [Op. Cit., P. 128].
(Et nous devons ajouter, que la suppression de l'envie de bouger que tous les enfants est le plus destructeur pour les 15% des enfants ou des "Hyper-actifs", dont le besoin de bouger est difficile à supprimer.)

"L'exp√©rience clinique nous a appris", conclut Reich, "que les petits enfants doivent √™tre autoris√©s √† ¬ę crier eux-m√™mes ¬Ľ lorsque le crier est inspir√© par le plaisir. C'est peut-√™tre d√©sagr√©able pour certains parents, mais les questions d'√©ducation doivent √™tre d√©cid√©s exclusivement dans l'int√©r√™t de l'enfant, et non pour celui des adultes" [Ibid.].

Outre amortissant le plaisant flux de la vie-√©nergie dans le corps, l'armature musculaire fonctionne √©galement pour inhiber l'anxi√©t√© g√©n√©r√©e par la pr√©sence d'impulsions anti-sociales, cruelles, perverses √† l'int√©rieur de la psych√© (pulsions vis√©es par Reich en tant que pulsions "secondaire") -- - Par exemple, de destruction, de sadisme, de cupidit√©, de faim du pouvoir, de brutalit√©, des fantasmes de viol, etc. L'ironie du sort, ces pulsions secondaires r√©sultent de la suppression des principales pulsions (par exemple, pour le sexe, l'activit√© physique, l'expression vocale, etc) et les sensations de plaisir qui leur sont associ√©s. Les pulsions secondaires se d√©veloppent, parce que, lorsque l'armature musculaire s'installe et qu'une personne perd contact avec sa base bio√©nerg√©tique et √† d'autres demandes √©motionnelles, les seules expressions √©motionnelles qui puissent s'obtenir de par l'√©pais dur mur de l'armure sont d√©form√©es, dures et / ou m√©canique. Ainsi, par exemple, une personne lourdement blind√© qui tente d'exprimer son amour peut trouver que l'√©motion est d√©chiquet√© par le blindage du mur et d√©barque dans une forme d√©form√©e comme une impulsion faisant du mal √† la personne aim√©e (sadisme) - une impulsion qui provoque l'anxi√©t√© et qui doit ensuite √™tre r√©prim√©e. En d'autres mots, la moralit√© compulsive (c'est-√†-dire agir selon les r√®gles impos√©es de l'ext√©rieur) devient n√©cessaire pour contr√īler les pulsions secondaires qui cr√©ent eux-m√™mes la contrainte. Par ces proc√©d√©s, l'√©ducation autoritaire des enfants devient auto-justifiante. Ainsi:

"Les psychanalystes n'ont pas su distinguer entre la nature primaire et les pulsions secondaires perverses, cruelles et ils sont continuellement √† annihiler la nature dans le nouveau-n√© lorsqu'ils essaient d'√©teindre le ¬ę petit animal brutal ¬Ľ. Ils sont compl√®tement ignorants du fait que c'est exactement ce meurtre du principe naturel qui cr√©e la nature secondaire perverse et cruelle, la nature dite humaine, et que ces cr√©ations culturelles artificielles √† leur tour font du moralisme compulsif et des lois brutales n√©cessaires" [Ibid. , P. 17-18].

Le moralisme, toutefois, ne peut jamais obtenir la racine du probl√®me des pulsions secondaires, mais en fait, ne fait qu'accro√ģtre la pression de la criminalit√© et de la culpabilit√©. La v√©ritable solution est de laisser les enfants d√©velopper ce que Reich appelle l'auto-r√©gulation naturelle. Cela peut √™tre fait seulement en ne les soumettant pas √† la punition, √† la contrainte, aux menaces, aux lectures moralistes et aux remontrances, aux retraits d'amour, etc. dans une tentative visant √† entraver les expressions spontan√©es de pulsions de la vie naturelle. Le d√©veloppement syst√©matique des tendances √©nergique du jeune enfant est la meilleure fa√ßon de ¬ęsocialiser¬Ľ et de restreindre les activit√©s qui sont nuisibles aux autres. Comme A.S. Neill le fait remarquer, l'"auto-r√©gulation implique une croyance en la bont√© de la nature humaine, une conviction qu'il n'y a pas, et n'y a jamais eus, de p√©ch√© originel" [Op. Cit., P. 103].

Selon Neill, les enfants qui ont la libert√© √† la naissance et non forc√©s de se conformer aux attentes des parents apprennent spontan√©ment √† se maintenir propres et d√©veloppent des qualit√©s sociales comme la courtoisie, le sens commun, un int√©r√™t dans l'apprentissage, le respect des droits des autres, et ainsi de suite (voir la section suivante). Cependant, une fois que l'enfant a √©t√© blind√© par des m√©thodes autoritaires ayant pour but de l'obliger √† d√©velopper de telles qualit√©s, il devient ce que Reich appelle ¬ę biopathique ¬Ľ - qui n'est pas en contact avec sa vie de base et n'est donc plus en mesure de d√©velopper l'auto-r√©gulation. √Ä ce stade, il devient de plus en plus difficile pour les pro- √©motions sociales √† fa√ßonner le mode de d√©veloppement de la vie du nouveau membre de la soci√©t√©. √Ä ce moment-l√†, lorsque la pulsion secondaire se d√©veloppe, l'autoritarisme parental devient une n√©cessit√©. Comme le dit Reich:

"Cette étroite interdépendance entre comportement biopathique et contre-mesures autoritaire semble être automatique. L'auto-régulation semble n'avoir aucune place dans et aucune influence sur les émotions qui ne proviennent pas directement de la base du vivant, mais seulement comme si ça traversait un épais mur dur. En outre, on a l'impression que les pulsions secondaires ne peuvent pas auto-réguler les conditions d'existence. Ils forcent à une forte discipline de la part de l'éducateur ou des parents. C'est comme si un enfant avec une pulsion secondaire essentiellement structuré estime qu'il ne peut pas fonctionner ou exister sans orientation disciplinaire. C'est en parallèle par l'entrelacement de l'auto-régulation dans la santé de l'enfant avec l'auto-régulation dans l'environnement. Ici, l'enfant ne peut pas fonctionner si il n'a pas la liberté de décision et de mouvement. Il ne peut pas tolérer la discipline, pas plus que l'enfant blindé ne peut tolérer la liberté".

Cette incapacité à tolérer la liberté, que la grande majorité de la population développe automatiquement de par la façon dont ils sont élevés, est ce qui rend l'ensemble de la question de la cuirasse et de sa prévention d'une importance cruciale pour les anarchistes. Reich conclut que si les parents ne répriment pas la nature en premier lieu, aucunes pulsions anti-sociale ne seront créés et l'autoritarisme ne sera pas nécessaire pour les supprimer :
"Ce que vous essayez si d√©sesp√©r√©ment et vainement de r√©aliser par voie de contrainte et de mise en garde est ce qu'il y a dans le nouveau-n√© pr√™t √† vivre et √† fonctionner. Permettez lui de cro√ģtre comme la nature l'exige, et changer nos institutions en cons√©quence" [Ibid., p. 47, soulign√© dans l'original].

Comme le souligne Alexander Lowen dans "la peur de la vie", les parents sont particulièrement soucieux de réprimer l'expression sexuelle de la vie-énergie de leurs enfants en raison de conflits non résolus Oedipiens en eux-mêmes.

Par conséquent, afin d'élever des enfants sains psychologiquement, les parents ont besoin d'acquérir la connaissance de soi, en particulier de la manière dont les conflits Oedipiens, la rivalité frère ou sœur, et d'autres conflits internes se développent dans les relations familiales, et de se libérer autant que possible des formes névrotiques de blindage. La difficulté pour les parents d'acquerir une telle connaissance de soi et d'un suffisant dé-conditionnement pour eux-mêmes est de toute évidence un autre obstacle pour l'élevation des enfants auto-régulés.

Toutefois, le plus grand obstacle est le fait que les armatures et autres m√©canismes en torsion, se mettent en place tr√®s t√īt dans la vie, c'est-√†-dire peu apr√®s la naissance. Reich souligne que, avec les premi√®rs blocages d'armure, les pouvoirs de l'auto-r√©gulation de l'enfant commencent √† faiblir. "Ils deviennent progressivement plus faible d√©s que le blindage se propage sur l'organisme entier, et ils doivent √™tre remplac√©s par des principes moraux, compulsifs si l'enfant veut exister et survivre dans son environnement donn√©" [Ibid., Pp. 44-45]. Il est donc important pour les parents obtiennent une connaissance approfondie de ce que l'armature et autres suppressions rigides sont et comment ils fonctionnent, de sorte que d√®s le d√©but ils peuvent les emp√™cher (ou du moins les r√©duire) dans la formation de leurs enfants. Quelques exemples de la fa√ßon dont cela peut √™tre fait sera discut√© dans la section suivante.

Enfin, Reich met en garde qu'il est essentiel d'éviter tout mélange de concepts :
"On ne peut pas mélanger un peu d'auto-régulation, avec un peu de demande morale. Soit nous sommes convaincus en la nature comme fondamentalement décente et auto-régulé ou nous ne le sommes pas, et alors il y a une seule façon, de la formation par la contrainte. Il est essentiel de saisir le fait que les deux moyens d'éducation ne vont pas ensemble" [Ibid., P. 46].

J.6.2. Y a t il quelques exemples des m√©thodes d'√©ducation libertaire d'enfants appliqu√©es au soin des enfants nouveau-n√©s en bas √Ęge ?

Selon Reich, les probl√®mes de l'√©ducation d'un enfant libre commence avant la conception, √† la n√©cessit√© d'une prospective √† la libert√© de la m√®re elle-m√™me, autant que possible, de tensions musculaires chroniques, en particulier dans la r√©gion pelvienne, qui peut entraver le d√©veloppement optimal d'un f¬útus. Comme le souligne Reich, le corps de la m√®re fournit l'environnement de l'enfant √† partir du moment o√Ļ l'embryon est form√© jusqu'au moment de la naissance, et la forte armature musculaire dans son bassin √† la suite de la r√©pression sexuelle ou autres probl√®mes √©motionnels est tr√®s pr√©judiciable. Cette m√®re aura une bioenergetique "morte" et peut-√™tre un ut√©rus spastique, qui traumatisera un enfant avant m√™me sa naissance par la r√©duction de la circulation du sang et des fluides corporels et faisant le m√©tabolisme √©nerg√©tique inefficace, endommageant ainsi la vitalit√© de l'enfant.

En outre, il a √©t√© constat√© dans de nombreuses √©tudes que non seulement la sant√© physique de la m√®re peut influer sur le f¬útus. Divers stress psychologique influence la chimie et l'environnement hormonal, qui affectent le f¬útus. M√™me de brefs stress, lorsqu'ils sont aigu√ę, peuvent avoir des effets importants sur celui-ci.

Imm√©diatement apr√®s la naissance, il est important pour la m√®re d'√©tablir le contact avec son enfant. Cela signifie, essentiellement, une attention aimante constante pour l'enfant, exprim√©e par beaucoup de tenue, c√Ęlins, jeux, etc, et en particulier par l'allaitement. Par de tels contacts ¬ęorgonotique¬Ľ (pour utiliser le terme de Reich), la m√®re est en mesure d'√©tablir la premi√®re liaison affective avec le nouveau-n√©, et une compr√©hension non-verbale des besoins de l'enfant. Ce n'est toutefois possible que, si elle est en contact avec ses propres processus internes - affectif et cognitif - et bio√©nerg√©tiques de base, c'est-√†-dire qu'elle ne soit pas trop Neurologiquement blind√© (dans la terminologie de Reich). Ainsi:

"Le sens du contact orgonotique, une fonction du... domaine d'énergie à la fois de la mère et de l'enfant, est inconnu de la plupart des spécialistes, mais l'ancien médecin de campagne, il savait bien que.... le contact Orgonotique est l'élement affectif et d'expérience le plus essentiel dans la relation entre la mère et l'enfant, en particulier avant la naissance et pendant les premiers jours et les semaines de la vie. Le sort futur de l'enfant en dépend. Il semble être à la base du développement affectif du nouveau-né" [Ibid. p. 99].

C'est moins crucial, mais toujours important pour le père d'établir un contact orgonotic ainsi, bien que depuis les pères n'ont pas le principal moyen de l'établir - à savoir la capacité à allaiter - leur contact ne peut jamais être aussi proche que celui de la mère (voir ci-dessous ).

Un nouveau-n√© n'a qu'une seule mani√®re d'exprimer ses besoins : par le biais des pleurs. Les pleurs ont beaucoup de nuances et peuvent transmettre beaucoup plus que le niveau de d√©tresse de l'enfant. Si une m√®re est incapable d'√©tablir des contacts au niveau √©motionnel le plus basique ( "bio√©nerg√©tiques", selon Reich), elle sera incapable de comprendre intuitivement ce que l'enfant exprime √† travers ses pleurs. Tout besoin non satisfait, √† son tour, sera ressenti par l'enfant comme une privation, √† laquelle il r√©pond avec un large √©ventail d'√©motions n√©gatives et des processus physiologiques n√©fastes et des tensions √©motionnelles. Si elle se poursuit pendant longtemps, ces tensions peuvent devenir chroniques et donc du d√©but du "blindage" et l'adaptation √† une ¬ęcruelle¬Ľ r√©alit√©.

Le facteur le plus important dans la mise en place des liens est le contact physique entre la mère et l'enfant est sans doute l'allaitement. Ainsi :

"Le plus marquant lieu de contact dans le corps du nourrisson est la bouche et la gorge bioenergetiquement tr√®s charg√©. Ces organes atteignent imm√©diatement de la gratification. Si le mamelon de la m√®re r√©agit aux mouvements de succion de l'enfant d'une mani√®re biophysique normale avec des sensations de plaisir, Il deviendra fortement dress√© et l'excitation orgonotique du mamelon deviendra un avec celle de la bouche du nourrisson, tout comme dans l'acte sexuel orastically[NDT: traduction √† d√©finir] encourageant , dans lequel les organes g√©nitaux de l'homme et de la femme s'illuminent et fusionnent orgonotiquement. Il n'y a rien "d'anormal" ou de "d√©go√Ľtant" dans cela. Chaque m√®re en bonne sant√© fait l'exp√©rience de la succion comme un plaisir et y c√©de... Toutefois, environ 80 pour cent des femmes souffrent de l'anesth√©sie vaginale et de frigidit√©. les mamelons sont d'autant anorgonotique, c'est-√†-dire "mort". La m√®re peut d√©velopper de l'anxi√©t√© ou du d√©go√Ľt, en r√©ponse √† ce qui serait naturellement une sensation de plaisir suscit√© dans le sein par la succion du b√©b√©. C'est la raison pour laquelle tant de m√®res ne veulent pas allaiter leurs b√©b√©s" [pp. 115-116].

Reich et d'autres psychologues libertaires soutiennent que la pratique de l'allaitement au biberon est nuisible, en particulier si elle remplace complètement l'allaitement maternel à partir de la date de naissance, car il élimine l'une des formes les plus importantes de la création du contact bioénergétique entre la mère et l'enfant. Cette absence de contact peut alors contribuer dans la vie plus tard à des formes "oral" de la structure ou de traits de caractère névrotique (Pour plus d'informations sur ceux-ci, lire Alexander Lowen, "Physical Dynamics of Character Structure", chapitre 9, "The Oral Character"]. Lowen estime que la pratique de l'allaitement maternel doit être poursuivi pendant environ trois ans, comme c'est généralement le cas chez les peuples "primitifs", et que le sevrage avant ce moment est vécu comme un traumatisme. "si le sein est à la disposition d'un enfant pendant trois ans, qui je crois être le temps nécessaire à l'accomplissement des besoins oraux d'un enfant, le sevrage cause très peu de traumatisme, puisque la perte de ce plaisir est compensée par les nombreux autres plaisirs que l'enfant peut alors avoir" [Depression and the Body, p. 133].

Une autre pratique néfaste en puériculture est la méthode névrotique-compulsive d'alimentation des enfants selon le calendrier, inventé par Pirquet à Vienne, qui "a devasté et été préjudiciable pour d'innombrables enfants". La frustration des besoins oraux par le biais de cette pratique (qui est heureusement moins en vogue aujourd'hui qu'elle ne l'était il ya cinquante ans), est garanti pour produire un blindage névrotique chez les nourrissons.

Comme le dit Reich, ¬ę Aussi longtemps que les parents, les m√©decins, les √©ducateurs approchent les nourrissons avec des comportements faux et inflexible, la rigidit√© des opinions, la condescendance, et le z√©le, au lieu d'un contact orgonique, les enfants continueront d'√™tre calmes, retir√©s, apathiques, 'autistes', 'Propres', et, plus tard, de "petits animaux sauvages", √† qui les cultiv√©s ont l'impression d'avoir √† "apprivoiser" ¬Ľ [Op. Cit. p. 124].

Une autre pratique nuisible est de permettre au b√©b√© de "pleurer sur lui-m√™me". Ainsi : "Mettre un b√©b√© dans un landau dans le jardin, parfois pendant des heures, est une pratique dangereuse. Nul ne peut savoir les sentiments d'agonie, de peur et de solitude qu'un enfant peut faire lors d'une exp√©rience d'un r√©veil soudain en se trouvant seul dans un lieu √©trange. Ceux qui ont entendu les cris d'un b√©b√© dans cette occasion ont l'id√©e de la cruaut√© de cette coutume stupide" [Neill, Summerhill, p. 336]. En effet, dans "The Physical Dynamics of Character Structure", Lowen a trac√© des n√©vroses sp√©cifiques, en particulier la d√©pression, venant de cette pratique. Les h√īpitaux ont √©galement √©t√© reconnus coupables de dommages psychologiques des enfants malades en les isolant de leur m√®re, une pratique qui a sans doute produit un nombre incalculable de nevros√©s et de psychopathes.

En outre, comme Reich le note, "l'habitude sadique de la circoncision sera bient√īt reconnue comme l'absurde cruaut√© fanatique qu'elle est vraiment" [Op. Cit., P. 68]. Il remarque qu'il a observ√© les b√©b√©s qui ont mis plus de deux semaines √† "r√©cup√©rer" du traumatisme de la circoncision, une ¬ęr√©cup√©ration¬Ľ qui a laiss√© des cicatrices psychologiques permanentes sous forme de tensions musculaires chroniques dans les muscles du plancher pelvien. Ces tensions constituent la premi√®re couche du blindage du bassin, dans laquelle la r√©pression sexuelle et autres inhibitions (en particulier ceux acquis au cours de la formation aux toilettes), plus tard s'ajoutent.

Le diaphragme, cependant, est peut-√™tre le domaine le plus important √† prot√©ger d√®s le d√©but du blindage. Apr√®s avoir observ√© les nourrissons pendant plusieurs ann√©es dans un cadre de recherche, Reich a conclu que chez les b√©b√©s le blindage appara√ģt g√©n√©ralement d'abord comme un blocage de la respiration libre, exprim√©e comme dure, rude, in√©gale, ou une respiration difficile, qui peut conduire au rhume, √† la toux, √† la bronchite, etc .

"Le début de blocage de la respiration semble gagner en importance rapidement plus les enfants ont été observés. de quelque maniére la région diaphragmatique semble répondre en premier et plus gravement à l'émotionnel inconfort bioénergétique" [Ibid., P. 110]. la respiration du nourrisson est un indicateur clé de sa santé émotionnelle, et toute perturbation est un signal que quelque chose ne va pas. Ou, comme le dit Neill, "Le signe d'un enfant bien-élevé est sa respiration libre, désinhibée. Cela démontre qu'il n'a pas peur de la vie" [Op. Cit., P. 131].

Neill résume l'attitude libertaire à l'égard des soins des nourrissons comme suit : "L'auto-régulation, le droit d'un bébé de vivre librement sans une autorité exterieure sur les choses psychique et somatique. Cela signifie que le bébé se nourrit quand il a faim, qu'il devient propres dans ses habits quand il le veut, qu'il n'est jamais grondé ni fessé, qu'il est toujours aimé et protégé" [Op. Cit. p. 105].

De toute √©vidence, l'auto-r√©gulation ne signifie pas laisser le b√©b√© seul quand il se dirige vers une falaise ou qu'il commence √† jouer avec une douille √©lectrique. Les anarchistes ne pr√©conisent pas un manque de bon sens. Nous reconnaissons que les adultes doivent avoir priorit√© sur la volont√© d'un enfant quand il est question de la protection de sa s√©curit√© physique. Comme Neill l'√©crit: "Seul un idiot en charge de jeunes enfants permettrait des fen√™tres de chambre √† coucher non s√©curis√©s, ou d'un feu non prot√©g√© dans la nurserie. Pourtant, trop souvent, les jeunes passionn√©s de l'auto-r√©gulation viennent dans mon √©cole en tant que visiteurs, et s'exclament de notre manque de libert√© en verrouillant l'anti-poison dans un laboratoire ferm√© √† clef, ou de notre interdiction de jouer durant l'√©vacuation en cas d'incendie. La libert√© compl√©te de circulation est g√Ęch√©e, et m√©pris√© parce que de nombreux d√©fenseurs de la libert√© n'ont pas les pieds sur terre" [Ibid., P. 106].

N√©anmoins, la position libertaire ne signifie pas que l'enfant doit √™tre puni pour √™tre entr√© dans une situation dangereuse. Ce n'est pas non plus la meilleure chose √† faire dans un tel cas que de crier en alarme (sauf si c'est la seule fa√ßon de mettre en garde l'enfant avant qu'il ne soit trop tard), mais il suffit simplement de supprimer le danger, sans soucis. Comme Neill le dit: "Sauf si un enfant est mentalement d√©fectueux, il va bient√īt d√©couvrir ce qui l'int√©resse. Restant libre des cris excit√©s et des voix de col√®re, il sera incroyablement sensible en traitant avec le mat√©riel de toutes sortes de fa√ßons" [Ibid., P. 108]. √† condition, bien s√Ľr, qu'il ou elle a √©t√© permis d'auto-r√©guler d√®s le d√©but et, par cons√©quent, qu'il n'a pas √©labor√© de pulsions secondaires irrationnelles.

J.6.3 Y a t il quelques exemples des méthodes d'éducation libertaire d'enfant appliquées au soin des jeunes enfants ?

La façon d'élever un enfant libre devient clair lorsque l'on considère la façon dont un enfant non libre est élevé. Ainsi imagine l'enfant typique, John Smith, lequel de l'éducation que AS Neill a décrit:

"Ses fonctions naturelles ont été laissés seules au cours de la période des couches. Mais quand il a commencé à explorer et à avancer sur le sol, des mots comme sale et méchant ont commencés à flotter sur la maison, et un sombre début lui a été fait en lui apprenant à être propre.

"Avant cela, ses mains √©taient retir√©es √† chaque fois qu'il touchait ses organes g√©nitaux, et bient√īt il est venu √† associer l'interdiction de ses parties g√©nitales avec le d√©go√Ľt acquis des f√®ces. Ainsi, des ann√©es plus tard, quand il est devenu un voyageur, son r√©pertoire d'histoire se composait d'un nombre √©quilibr√© de blagues sur le sexe et des toilettes.

"Une grande partie de sa formation a √©t√© conditionn√© par des proches et des voisins. La m√®re et le p√®re ont √©t√© les plus soucieux d'√™tre correct - √† faire la bonne chose - de sorte que, lorsque les relations ou √† c√īt√© les voisins sont venus, John a d√Ľ se montrer comme un enfant bien √©lev√©. Il avait √† dire Merci quand Tante lui donnait un morceau de chocolat, et il devait √™tre plus prudent sur ses mani√®res √† table, et surtout, il devait s'abstenir de prendre la parole lorsque les adultes ont la parole. " [Summerhill, p. 97]

Quand il √©tait un peu plus √Ęg√©, les choses ont empir√©s pour John. "Toute sa curiosit√© sur les origines de la vie ont √©t√© atteintes avec maladresse, et si efficacement que sa curiosit√© sur la vie et la naissance ont disparues. Les mensonges au sujet de La vie sont devenus associ√©s √† des craintes quand √† l'√Ęge de cinq ans, sa m√®re l'ayant trouv√© √† des jeux g√©nitaux avec sa s¬úur de quatre ans et la fille de la voisine. La fess√©e s√©v√®re qui a suivi (Le p√®re en rajoutant une quand il est revenu de son travail) a pour toujours transmis √† John une le√ßon que le sexe est sale et p√©cheur, quelque chose qu'on ne doit pas penser" [Ibid.].

Bien s√Ľr, les moyens d'inculcation des messages n√©gatifs sur le sexe qu'utilisent les parents ne sont pas n√©cessairement de cette gravit√©, en particulier dans notre √©poque pr√©tendument √©clair√©e. Toutefois, il n'est pas n√©cessaire pour un enfant d'√™tre fess√© ou m√™me grond√© ou sermonn√© dans le but d'acqu√©rir une attitude n√©gative sur le sexe. Les enfants sont tr√®s intuitifs et vous recevrez le message "le sexe est mauvais" √† partir de subtils indices des parents comme les expressions faciales, le ton de la voix, les silences embarrass√©s, l'√©vitement de certains sujets, etc... la simple "tol√©rance" de la curiosit√© et du jeu sexuel est bien diff√©rent dans ses effets psychologiques que l'affirmation positive.

Sur la base des conclusions de la psychiatrie clinique, Reich a postul√© qu'il existe un "premier √Ęge de la pubert√©" des enfants, √† partir de l'√Ęge d'environ 3 √† 6 ans, lorsque l'attention de l'enfant glisse de la satisfaction des besoins oraux √† un int√©r√™t dans sa sexualit√© - une √©tape caract√©ris√©e par des jeux g√©nitaux de toutes sortes. La t√Ęche des parents √† ce stade est non seulement de permettre aux enfants de s'engager dans de telles jeux, mais de l'encourager. "Chez l'enfant, avant l'√Ęge de quatre ou cinq ans, la g√©nitalit√© n'a pas encore √©t√© pleinement d√©velopp√©. La t√Ęche ici consiste simplement √† la suppression des obstacles sur la voie du d√©veloppement naturel vers la pleine g√©nitalit√©. Pour s'acquitter de cette t√Ęche, nous devons convenir que le premier √Ęge de pubert√© chez les enfants existe; que les jeux g√©nitaux sont le point culminant de son d√©veloppement, que le manque d'activit√© g√©nitale est un signe de maladie et pas de sant√©, comme pr√©c√©demment suppos√©, et que des enfants en bonne sant√© g√©nitales jouent des jeux de toutes sortes, qui doivent √™tre encourag√© et non entrav√©" [Children of the Future, p. 66].

Dans le même esprit, pour empêcher la formation des attitudes négatives sur le sexe signifie que la nudité ne devrait jamais être découragé. "Le bébé devrait voir ses parents nu dès le début. Toutefois, il devrait être dit à l'enfant quand il est prêt à comprendre que certaines personnes n'aiment pas voir les enfants nus et qu'en présence de ces personnes, il doit porter des vêtements" [Neill, Summerhill, p. 229].

Neill soutient que non seulement les parents ne devraient jamais fesser ou punir un enfant pour des jeux g√©nitaux, mais que la fess√©e et d'autres formes de ch√Ętiment ne devraient jamais √™tre utilis√©s en toutes circonstances, car ils instillent la peur, tournant les enfants en l√Ęches et aboutissant souvent √† des phobies. "La peur doit √™tre enti√®rement √©limin√©e - la peur des adultes, la peur de la punition, la peur de la d√©sapprobation, la crainte de Dieu. Seule la haine peut prosp√©rer dans une atmosph√®re de peur" [Ibid., P. 124].

La punition transforme également les enfants en sadiques. "La cruauté de nombreux enfants ressort de la cruauté qui a été pratiqué sur eux par les adultes. Vous ne pouvez pas être battu sans vouloir battre quelqu'un d'autre... Tous les coups font d'un enfant un sadique en désir ou en pratique" [Ibid., P. 269, 271]. Il s'agit de toute évidence une considération importante pour les anarchistes, comme les pulsions sadiques fournissent un terrain psychologique pour le militarisme, la guerre, les brutalités policières, et ainsi de suite. Ces pulsions font sans doute aussi partie de la volonté d'exercer l'autorité hiérarchique, avec ses possibilités d'utiliser les sanctions négatives contre ses subordonnés comme un débouché pour les pulsions sadiques.

Battre un enfant est particuli√®rement l√Ęche parce que c'est une fa√ßon pour les adultes de verser leur haine, leur frustration, leur sadisme sur ceux qui sont incapables de se d√©fendre. Cette cruaut√© est, bien s√Ľr, toujours rationalis√©e avec comme excuse "√ßa me blesse plus que vous", etc, ou des explications sur le plan moral, comme "je ne veux pas que mon gar√ßon sois doux" ou "je veux le pr√©parer √† un monde dur" ou "je fesse mes enfants parce que mes parents me fessaient, et √ßa m'a fait beaucoup de bien". Mais en d√©pit de ces rationalisations, le fait demeure que la punition est toujours un acte de haine. √† cette haine, l'enfant r√©pond en nature par de la haine pour les parents, suivie par des fantasmes, de la culpabilit√©, et de la r√©pression. Par exemple, l'enfant peut fantasmer la mort du p√®re, qui cause imm√©diatement de la culpabilit√©, et ainsi est r√©prim√©e. Souvent, la haine induite par la punition √©merge dans des fantasmes qui sont apparemment √©loign√©s des parents, tels que des histoires de meurtre de g√©ants - toujours populaires aupr√®s des enfants parce que le g√©ant repr√©sente le p√®re. De toute √©vidence, le sentiment de culpabilit√© produit par ces fantasmes est tr√®s avantageux pour les religions organis√©es autour de cette promesse de rachat du ¬ęp√©ch√©¬Ľ. Ce n'est s√Ľrement pas une co√Įncidence que ces religions soient d'enthousiastes promoteurs de la morale n√©gative du sexe et de pratiques d'√©ducation disciplinaire des enfants qui leur maintiennent et leur fournissent des recrues.

Ce qui est pire, toutefois, est que la sanction crée en fait "des enfants à problème". Il en est ainsi parce que le parent suscite de plus en plus la haine (et diminue la confiance dans les autres êtres humains) de l'enfant avec chaque fessée, qui est exprimée dans un comportement encore pire, appelant à plus de fessées, et ainsi de suite, par un cercle vicieux. En revanche, "L'enfant auto-régulé n'a pas besoin d'une quelconque punition", comme le fait valoir Neill, "et il ne va pas par le biais de ce cycle de haine. Il n'est jamais puni et il n'a pas besoin de se comporter mal. Il n'a pas besoin de mentir et de casser les choses. Son corps n'a jamais été énoncé comme sale ou méchant. Il n'a pas besoin de se rebeller contre l'autorité ou d'avoir peur de ses parents. les accès de colère qu'il aura normalement, mais ils seront de courte durée et ne tendront pas vers la névrose" [Ibid., P. 166].

Nous pourrions citer de nombreux autres exemples de la fa√ßon dont les principes libertaires de l'√©ducation des enfants peut √™tre appliqu√© dans la pratique, mais nous devons nous limiter √† ces quelques-uns. Les principes de base peuvent se r√©sumer comme suit: D√©barrassez-vous de l'autorit√©, du moralisme, et du d√©sir ¬ęd'am√©liorer¬Ľ et de ¬ęciviliser¬Ľ les enfants. Permettez-leur d'√™tre eux-m√™mes, sans les punir, les corrompre, les menacer, les r√©primander, leurs faire la morale, ou les forcer √† faire quoi que ce soit. S'abstenir de toute action √† moins que l'enfant, en exprimant leur "libert√©" limite la libert√© des autres et d'expliquer ce qui ne va pas sur de telles actions et ne jamais sanctionner m√©caniquement.

Il s'agit, bien entendu, d'une philosophie radicale, que peu de parents sont prêts à suivre. Il est tout à fait incroyable de voir comment les gens qui s'appellent eux-mêmes des libertaires en matière de politiques et économique en tirent un trait dessus quand il s'agit de leur comportement au sein de la famille - comme si un tel comportement n'a pas de conséquences sociales plus larges ! Par conséquent, les opposants à la liberté des enfants sont légion, tout comme le sont leurs objections à l'éducation libertaire des enfants. Dans les sections suivantes nous allons examiner quelques-unes des plus communes de ces objections.

J.6.4 Si les enfants n'ont rien à craindre, comment peuvent-ils être bons ?

Que l'ob√©issance soit fond√©e sur la peur du ch√Ętiment, dans ce monde ou dans un autre monde, n'est pas vraiment une bonne chose, c'est simplement de la l√Ęchet√©. La vraie morale (c'est-√†-dire le respect d'autrui et de soi-m√™me) vient de l'intime conviction bas√©e sur l'exp√©rience, elle ne peut pas √™tre impos√©e de l'ext√©rieur par la peur. Elle ne peut non plus √™tre inspir√© par l'espoir d'une r√©compense, comme la louange ou la promesse du ciel, ce qui est simplement de la corruption. Comme on l'a not√© dans la section pr√©c√©dente, si les enfants ont autant de libert√© que possible √† partir de leur naissance et ne sont pas forc√© √† se conformer aux attentes des parents, ils apprendront spontan√©ment les principes de base du comportement social, tels que la propret√©, la courtoisie, et ainsi de suite. Mais ils doivent √™tre autoris√©s √† les d√©velopper √† leur propre rythme, √† l'√©tape naturelle de leur croissance, et pas lorsque les parents pensent qu'ils devraient les d√©velopper. Et ce qu'est la p√©riode "naturelle" doit √™tre d√©couverte par l'observation, et non pas en le d√©finissant, sur des a priori fond√©s sur ses propres attentes.

Un enfant peut-il vraiment apprendre à être propre sans être puni pour avoir été sale ? Selon de nombreux psychologues, cela est non seulement possible, mais d'une importance vitale pour la santé mentale de l'enfant à faire ainsi, car la punition donnera à l'enfant un interet fixe et réprimé dans ses fonctions corporelles. Comme Reich et Lowen l'ont montré, par exemple, les diverses formes de névroses obsessionnelles et compulsives peuvent être imputés à des punitions utilisés dans l'apprentissage des toilettes. Les chiens, les chats, les chevaux et les vaches n'ont pas de complexes quant aux excréments. Les complexes chez les enfants humains proviennent de la manière de leur instruction.

Neill fait observer que, "Quand la mère dit coquin ou sale ou même tut tut, l'élément du bien et du mal se pose. La question est d'ordre moral - alors qu'elle devrait rester physique". Il suggère que la mauvaise façon de traiter avec un enfant, qui aime jouer avec les fèces, est de lui dire qu'il est sale. "La bonne façon est de lui permettre de vivre hors de son intérêt pour les excréments en lui donnant de la boue ou de l'argile. De cette façon, il va sublimer son intérêt sans répression. Il vivra par l'intermédiaire de son intérêt, et ce faisant, le tuant" [Summerhill, p. 174].

De m√™me, les sceptiques se poseront probablement la question de savoir comment les enfants peuvent √™tre amen√©s √† consommer une alimentation saine, sans menaces de punition. La r√©ponse peut √™tre d√©couverte par une exp√©rience simple : mettre sur la table tous les types d'aliments, des bonbons et de la cr√®me glac√©e √† du pain de bl√© entier, de la laitue, du choux, et ainsi de suite, et permettre √† l'enfant une totale libert√© de choisir ce qu'il souhaite ou alors de ne rien manger si il ou elle n'a pas faim. Les parents trouveront que les enfants arrivant commenceront le choix d'une alimentation √©quilibr√©e apr√®s environ une semaine, apr√®s que le d√©sir d'interdiction ou de limitation des aliments ait √©t√© satisfait. Ceci est un exemple de ce qui peut √™tre appel√© "une nature confiante". Que la question de savoir comment ¬ęapprendre¬Ľ √† un enfant √† manger correctement devrait m√™me √™tre une question qui en dit long sur le peu de notion de libert√© pour les enfants est accept√©e ou m√™me entendue, dans notre soci√©t√©. Malheureusement, le concept d'"apprentissage" d√©tient toujours le terrain et ceci dans la plupart des autres domaines.

L'argument disciplinaire selon lequel les enfants doivent √™tre forc√© de respecter la propri√©t√© est √©galement d√©fectueux, car il exige toujours certains sacrifice de la vie d'un enfant √† jouer (et l'enfance doit √™tre consacr√©e √† jouer, et non de ¬ęse pr√©parer √† l'√Ęge adulte¬Ľ, car le jeu est ce que les enfants spontan√©ment font). Le point de vue libertaire est que l'enfant doit arriver √† un sens de la valeur de son propre choix libre. Cela signifie de ne pas le gronder ou les punir pour avoir bris√© ou endommag√© des choses. Comme ils sortent de la phase d'indiff√©rence preadolescente √† la propri√©t√©, ils apprennent √† la respecter naturellement.

"Mais un enfant ne devrait-il pas au moins √™tre passible d'une punition pour vol ?" il nous sera demand√©. Une fois de plus, la r√©ponse r√©side dans l'id√©e de confiance en la nature. La notion de "mien" et de "tien" est adulte, et les enfants naturellement les d√©veloppent quand ils deviennent matures, mais pas avant. Cela signifie que les enfants normaux "volent" - pensez que ce n'est pas la fa√ßon dont ils consid√®rent cela. Ils essayent tout simplement de satisfaire leurs pulsions d'acquisition, ou, si ils/elles sont avec des amiEs, leur d√©sir d'aventure. Dans une soci√©t√© si bien tremp√© dans l'id√©e de respect de la propri√©t√© comme la n√ītre, il ne fait aucun doute qu'il est difficile pour les parents de r√©sister √† la pression sociale qui consiste √† punir les enfants pour avoir "vol√©". La r√©compense pour une telle confiance, toutefois, serait un enfant qui grandit dans une adolescence en bonne sant√© qui respecte les biens d'autrui, non pas en l√Ęche ayant peur de la punition, mais de sa propre auto-nature.

J.6.5 Mais comment les enfants peuvent-ils apprendre l'éthique s'ils ne leur sont pas donnés des punitions, des prohibitions, et une instruction religieuse ?

La plupart des parents estiment que, en plus de prendre soin des besoins physiques de leur enfant, l'enseignement de l'√©thique / des valeurs morales est de leur principale responsabilit√©, et que sans un tel enseignement l'enfant va grandir et devenir un "petit animal sauvage" qui agit sur chaque coup de t√™te sans consid√©ration pour les autres. Cette id√©e d√©coule principalement du fait que la plupart des gens dans notre soci√©t√© pensent, au moins passivement, que les √™tres humains sont naturellement mauvais et que, si ils ne sont pas "form√©s" √† √™tre bons, ils seront paresseux, moyens, violents, voire meurtriers. Cela, bien s√Ľr, est essentiellement l'id√©e du ¬ęp√©ch√© originel¬Ľ. En raison de son acceptation g√©n√©ralis√©e, pr√®s de tous les adultes croient qu'il est de leur emploi √† "am√©liorer" les enfants.

Selon les psychologues libertaire, cependant, il n'y a pas de péché originel. En fait, il serait plus exact de dire qu'il y a une "vertue originel". Comme nous l'avons vu, Reich a constaté que les choses imposées de l'extérieur, la morale compulsive causes actuellement des comportement immoraux par la création d'une "pulsion secondaire" cruelle et perverse. Neill pose cela de cette façon: "je trouve que lorsque je casse l'instruction morale qu'un mauvais garçon a reçu, il devient un bon garçon" [Summerhill, p. 250].

L'acceptation inconsciente d'une certaine forme de l'idée du péché originel est, comme nous l'avons mentionné précédemment, le principal outil de recrutement des religions organisées, comme des gens qui croient qu'ils sont nés "pécheurs" ressentent un fort sentiment de culpabilité et de besoin de rédemption. Neill conseille donc aux parents d'"éliminer toute nécessité de rédemption, en disant à l'enfant qu'il est né bon - non né mauvais". Cela permettra de les aider à ne pas tomber sous l'influence des religions niant la vie, qui sont hostiles à la croissance d'une saine structure du caractère.

comme Reich le souligne, "L'Eglise, en raison de son influence sur la sexualité des jeunes, est une institution qui exerce un effet extrêmement préjudiciable sur la santé" [Children of the Future, p. 217]. Citant des études ethnologiques, il note ce qui suit :

"Parmi les peuples primitifs qui m√®nent une vie sexuelle satisfaisante, irr√©prochable, il n'y a pas de crime sexuel, pas de perversion sexuelle, pas de brutalit√© sexuelle entre un homme et une femme, le viol est impensable, car il n'est pas n√©cessaire dans leur soci√©t√©. Leur activit√© sexuelle fluctue par des canaux normaux, bien ordonn√©s qui combleraient tout clerc avec indignation et peur, parce que la jeunesse p√Ęle, asc√©tique et les hurlements, les femmes battant les enfants n'existent pas dans ces soci√©t√©s primitives. Ils adorent le corps humain et prennent plaisir dans leur sexualit√©. Ils ne comprennent pas pourquoi les jeunes hommes et femmes ne devraient pas jouir de leur sexualit√©. Mais quand leur vie est envahi par le bourbier asc√®tique, hypocrite et par l'Eglise, qui apportent leur "culture" avec l'exploitation, l'alcool et la syphilis, ils commencent √† subir la m√™me mis√®re que nous. Ils commencent √† conduire des vies "morales", c'est-√†-dire √† r√©primer leur sexualit√©, et ensuite ils d√©clinent de plus en plus dans un √©tat de d√©tresse sexuelle, qui est le r√©sultat de la r√©pression sexuelle. Dans le m√™me temps, ils deviennent sexuellement dangereux ; meurtres de conjoints, des maladies sexuelles, et des crimes de toutes sortes commencent √† appara√ģtre. " [Ibid., P. 193]

De tels crimes dans notre société seraient considérablement réduit si la pratique d'une éducation libertaire des enfants étaient largement suivie. Ce sont évidemment des considérations importantes pour les anarchistes, qui sont fréquemment invités à expliquer comment la criminalité pourrait être évité dans une société anarchiste. La réponse est que si les gens ne sont pas niés au cours de l'enfance, il y aurait beaucoup moins de criminalité, parce que la structure de pulsion secondaire qui mène à des comportements anti-sociaux de toutes sortes ne serait pas créé en premier lieu. En d'autres termes, la solution au soi-disant problème de criminalité n'est pas plus la police, les lois, ou un retour aux "valeurs familiales traditionnelles" disciplinaires, comme le prétendent les conservateurs, mais dépend essentiellement du fait de se débarrasser de ces valeurs.

Il existe d'autres problèmes aussi bien avec le moralisme enseigné par les religions organisées. Un danger qui fait de l'enfant un haineux. "Si il est enseigné à un enfant que certaines choses sont un péché, son amour de la vie doit être changé en haine. Quand les enfants sont libres, ils ne pensent jamais d'un autre enfant comme étant un pécheur" [Neill, op. Cit., P. 245]. De l'idée que certaines personnes sont pécheurs, il n'est qu'un pas vers l'idée que certaines classes ou races de personnes sont plus "péchés" que d'autres, ce qui conduit à des préjugés, de la discrimination et de la persécution des minorités comme un débouché pour la colère réprimé et les pulsions sadiques - les pulsions qui sont créés en premier lieu par les moralistes de formation au cours de la petite enfance. Une fois de plus, la pertinence de l'anarchisme est évidente.

Un autre danger de l'instruction religieuse est le d√©veloppement d'une peur de la vie. "La religion pour un enfant signifie toujours plus que la peur. Dieu est un homme puissant avec des trous dans ses paupi√®res: il peut vous voir o√Ļ que vous soyez. Pour un enfant, cela signifie souvent que Dieu peut voir ce qui se fait dans le cadre de la literie. Et d'introduire la peur dans la vie d'un enfant est le pire de tous les crimes. pour toujours l'enfant dit non √† la vie, il est toujours inf√©rieure; √† jamais un l√Ęche" [Ibid., P. 246]. Les gens qui ont √©t√© menac√©s par la peur d'une vie en enfer apr√®s la mort ne peuvent jamais √™tre enti√®rement libre de la n√©vrose d'angoisse au sujet de la s√©curit√© dans cette vie. En retour, ces personnes deviennent des cibles faciles de la propagande de la classe dirigeante qui joue sur leur ins√©curit√© mat√©rielle, par exemple, en rationalisant les guerres imp√©rialistes comme n√©cessaire pour "pr√©server les emplois" (cit√©, par exemple, par le secr√©taire d'√Čtat am√©ricain James Baker comme une justification de la guerre du Golfe).

J.6.6 mais comment un enfant libre apprendra il le désintéressement (NDT: Altruisme?) ?

Une autre objection √† l'auto-r√©gulation est que les enfants peuvent seulement apprendre √† √™tre d√©sint√©ress√© (NDT: dans l'id√©e d'altruiste) par le biais de la punition et de l'avertissement. Encore une fois, cependant, un tel point de vue provient d'une m√©fiance de la nature et fait partie de l'attitude commune que la nature est une simple "mati√®re premi√®re" √† √™tre fa√ßonn√© par des √™tres humains selon leurs propres souhaits. L'attitude libertaire est que le d√©sint√©ressement se d√©veloppe √† son propre rythme - ce qui n'est pas au cours de l'enfance. Les enfants sont principalement √©go√Įstes, g√©n√©ralement jusqu'au d√©but de la pubert√©, et jusque-l√† ils n'ont g√©n√©ralement pas la capacit√© de s'identifier avec les autres. Ainsi :

"Demander √† un enfant d'√™tre d√©sint√©ress√© est faux. Chaque enfant est un √©go√Įste et le monde lui appartient. Quand il a une pomme, son unique souhait est de manger cette pomme. Le principal r√©sultat de l'encouragement de la m√®re √† la partager avec son petit fr√®re est de lui faire ha√Įr le petit fr√®re. l'altruisme vient plus tard - il vient naturellement - m√™me si l'enfant n'a pas eu l'enseignement √† √™tre altruiste. Il ne vient sans doute jamais si l'enfant a √©t√© forc√© d'√™tre d√©sint√©ress√©e (altruiste). En supprimant l'√©go√Įsme de l'enfant, la m√®re fixe cet √©go√Įsme √† jamais" [Neill, op. Cit., Pp. 250-251].

Des souhaits non tenus (comme toutes les "affaires non r√©gl√©es") vivent dans l'inconscient. Par cons√©quent les enfants qui su bissent des pressions trop dures - "enseign√©es" - pour √™tre altruiste seront, en apparence en conformit√© avec les exigences des parents, inconsciemment r√©primant une partie de leur r√©el, les souhaits √©go√Įstes, et ces d√©sirs r√©prim√©s infantile feront une personne √©go√Įste (et peut-√™tre n√©vrotique) tout au long de sa vie. En outre, dire aux enfants que ce qu'ils veulent faire est "mauvais" ou "faux" est √©quivalent de leur apprendre √† se ha√Įr eux-m√™mes, et c'est un principe bien connu de la psychologie que les personnes qui ne s'aiment pas eux-m√™mes ne peuvent pas aimer les autres. Ainsi, l'instruction morale, m√™me si elle vise √† d√©velopper l'altruisme et l'amour pour les autres, est vou√©e √† l'√©chec, juste apr√®s avoir fait le contraire.

En outre, de telles tentatives de produire des enfants "d√©sint√©ress√©s" (et donc les adultes aussi) fonctionne r√©ellement contre le d√©veloppement de l'individualit√© de l'enfant et de leur capacit√© √† d√©velopper leurs propres capacit√©s (en particulier leur capacit√© de pens√©e critique). Comme le dit Erich Fromm, "ne pas √™tre √©go√Įste implique de ne pas faire ce que l'on souhaite, de renoncer √† ses propres souhaits pour le bien de ceux qui sont au pouvoir... En plus de son √©vidente implication, il signifie ¬ę ne vous aimez pas ¬Ľ, ¬ę ne soyez pas vous ¬Ľ, mais soumettez vous √† quelque chose de plus important que vous-m√™me, √† un pouvoir exterieur ou √† son interiorisation, par ¬ę devoir ¬Ľ. ¬ę Ne pas √™tre √©go√Įste ¬Ľ devient l'un des plus puissants outils id√©ologiques pour supprimer la spontan√©it√© et le libre d√©veloppement de la personnalit√©. Sous la pression de ce slogan est demand√© pour chacun des sacrifices et la soumission compl√®te : seuls ces actes sont ¬ęd√©sint√©ress√©s¬Ľ, lesquels ne servent pas l'individu, mais quelqu'un ou quelque chose au dessus de lui-m√™me". [Man for Himself, p. 127]

Bien qu'un tel "d√©sint√©ressement" est id√©al pour cr√©er des "citoyens mod√®le" et la volont√© pour √™tre un esclave salari√©, il n'est pas propice √† la cr√©ation d'anarchistes ou m√™me au d√©veloppement de l'individualit√©. Rien d'√©tonnant que Bakounine ait c√©l√©br√© l'urgence de se rebeller et qu'il la voyait comme la cl√© du progr√®s humain ! Fromm notait que l'√©go√Įsme et l'auto-amour, "loin d'√™tre identiques, sont en fait oppos√©s" et que les "personnes √©go√Įstes sont incapables d'aimer les autres... [Ou] de s'aimer elles-m√™mes ..." [Op. Cit., P. 131]. Les personnes qui ne s'aiment pas elles-m√™mes, et en cons√©quence les autres, seront plus dispos√©s √† se soumettre √† la hi√©rarchie que celles qui s'aiment elles-m√™mes et sont pr√©occup√©s par leur propre bien-√™tre, et de celui des autres. Ainsi, la nature contradictoire du capitalisme, avec ses appels contradictoires √† des comportements √©go√Įste et altruiste, peut √™tre comprise comme √©tant fond√©e sur l'absence d'auto-amour, un manque qui est promu dans l'enfance et auquel chaque libertaire devrait √™tre conscient et lutter contre.

En effet, une grande partie de l'exhortation √† "apprendre aux enfants le d√©sint√©ressement" est en fait une expression de la volont√© de pouvoir des adultes. Lorsque les parents se sentent dans le besoin d'imposer des directives √† leurs enfants, ils serait sage de se demander si l'impulsion vient de leur propre pulsion ou de leur propre √©go√Įsme. En effet, depuis que notre culture nous conditionne fortement √† rechercher le pouvoir sur les autres, ce qui serait plus pratique que d'avoir une personne petite et faible √† part qui ne peut r√©sister √† la propre volont√© du pouvoir ? Au lieu de donner des directives, les libertaires croient que laisser un comportement social se d√©velopper naturellement, lequel se fera et apr√®s les opinions des autres gens deviennent importantes pour l'enfant. Comme le souligne Neill, "Tout le monde cherche la bonne opinion de ses voisins. √Ä moins que d'autres forces le poussent dans des comportements insocial, un enfant voudra naturellement faire ce qui lui vaudra d'√™tre bien consid√©r√©, mais ce d√©sir de plaire √† d'autres se d√©veloppe √† une certaine √©tape de sa croissance. La tentative faite par les parents et les enseignants d'acc√©l√©rer artificiellement ce stade, fait √† l'enfant des dommages irr√©parables" [Neill, op. Cit., P. 256].

Par cons√©quent, les parents doivent permettre aux enfants d'√™tre "√©go√Įstes" et "non partageurs", libres de suivre leurs propres int√©r√™ts enfantin tout au long de leur enfance. Et quand leurs int√©r√™ts individuels sont en conflit avec les int√©r√™ts sociaux (par exemple, l'avis des voisins), les int√©r√™ts individuels doivent l'emporter. Chaque conflit d'int√©r√™ts interpersonnel devrait √™tre un motif pour une le√ßon de dignit√© d'un c√īt√© et d'examen de l'autre. Ce n'est que par ce processus qu'un enfant peut d√©velopper son individualit√©. Ce faisant, ils viendront √† reconna√ģtre l'individualit√© des autres et c'est la premi√®re √©tape dans le d√©veloppement de concepts √©thiques (qui est sur le respect mutuel pour les autres et leur individualit√©).

J.6.7 Ce que vous appelez "Education libertaire des enfants" n'est pas juste un autre nom pour g√Ęter l'enfant ?

Non. Cette objection confond la distinction entre la libert√© et la license. Pour √©lever un enfant dans la libert√© ne signifie pas le/la laisser vous marcher dessus ; cela ne veut pas dire ne jamais dire ¬ęnon¬Ľ. Il est vrai que les enfants libres ne sont pas soumis √† des ch√Ętiments, √† de l'autorit√© irrationnelle, ni √† des remontrances moralisatrices, mais ils ne sont pas ¬ęlibre¬Ľ de violer les droits des autres. Comme le dit Neill, "dans une maison disciplin√©, les enfants n'ont pas de droits. Dans une maison G√Ęt√©, ils ont tous les droits. Le mieux est une maison o√Ļ les enfants et les adultes ont des droits √©gaux". Ou encore, "laisser un enfant avoir sa propre mani√®re, ou faire ce qu'il veut au d√©triment d'un autre, est mauvais pour l'enfant. √ßa cr√©e un enfant g√Ęt√©, et l'enfant g√Ęt√© est un mauvais citoyen" [Summerhill, p. 107, 167].

Il y aura in√©vitablement des conflits de volont√©s entre les parents et les enfants, et la mani√©re saine pour les r√©soudre est de venir en quelque sorte d'un accord de compromis. La mani√©re malsaine sont soit de recourir √† la discipline autoritaire ou √† g√Ęter l'enfant en lui permettant de disposer de tous les droits sociaux. Les psychologues libertaires font valoir qu'aucun dommage n'est fait pour les enfants en insistant sur ses droits individuels, mais que le dommage provient du moralisme, c'est-√†-dire lorsque l'on introduit les concepts de bien et de mal ou de mots tels que "m√©chant", "mauvais" ou "sale", lesquels produisent de la culpabilit√©.

Par cons√©quent, il ne faut pas croire que les enfants libres sont libres de "faire comme ils leur pla√ģt". La libert√©, c'est faire ce que l'on aime tant qu'on ne porte pas atteinte √† la libert√© des autres. Ainsi, il y a une grande diff√©rence entre contraindre un enfant √† cesser de jeter des pierres sur les autres et l'obliger √† apprendre la g√©om√©trie. Jeter des pierres porte atteinte aux droits d'autrui, mais l'apprentissage de la g√©om√©trie ne concerne que l'enfant. Il en va de m√™me quant √† forcer les enfants √† manger avec une fourchette plut√īt qu'avec leurs doigts ; √†-dire "s'il vous pla√ģt" et "merci" √† ranger leur chambre, et ainsi de suite. Les mauvaises mani√®res et le d√©sordre peut √™tre ennuyeux pour les adultes, mais ils ne sont pas une violation des droits des adultes. On pourrait, bien s√Ľr, d√©finir un "droit" adulte pour √™tre √† l'abri de tout d√©sagr√©ment de la part de son enfant, mais ce serait tout simplement une license pour l'autoritarisme, en vidant le concept des droits de l'enfant de tout contenu.

Comme indiqu√© plus haut, donner aux enfants la libert√© ne signifie pas leur permettre de se mettre en danger physiquement. Par exemple, on ne devrait pas inviter un enfant malade √† d√©cider s'il veut aller dehors ou prendre son m√©dicament prescrit, ni √† un enfant √©puis√© et fatigu√© si il veut aller au lit. Mais l'imposition de telles formes d'autorit√© n√©cessaire est compatible avec l'id√©e que les enfants doivent leur √™tre donn√© une grande responsabilit√© autant qu'ils peuvent agir √† leur √Ęge. Pour que de cette fa√ßon ils puissent d√©velopper l'auto-assurance. Et encore, il est important pour les parents d'examiner leurs propres motivations au moment de d√©cider quel degr√© de responsabilit√© donner √† leurs enfants. Les parents qui insistent sur le choix des v√™tements de leurs enfants, par exemple, ont g√©n√©ralement peur que le petit Tommy puisse choisir des v√™tements qui refl√®tent mal le standing social des parents.

Quant √† ceux qui assimilent la "discipline" √† la maison avec l'¬ęob√©issance¬Ľ, cette derniere est habituellement exig√© d'un enfant pour satisfaire la volont√© de puissance des adultes. L'auto-r√©gulation signifie qu'il n'y a pas de jeux de pouvoir √† √™tre jou√© avec les enfants, pas de voix disant : "Vous le faites parce que je le dis, ou bien !". Mais, bien que cette sorte de recherche de pouvoir irrationnel d'autorit√© soit absent dans une maison libertaire, il reste encore ce qu'on peut appeler une sorte de "pouvoir", √† savoir la protection, le soin et la responsabilit√© des adultes, ainsi que l'insistance sur son propre droit. Neill fait observer que, "Cette autorit√© exige parfois de l'ob√©issance, mais √† d'autres moments donne de l'ob√©issance. Ainsi, je peux dire √† ma fille, 'Tu ne peux pas apporter cette boue et cette eau dans notre salon'. Ce n'est pas plus que si elle me dit : 'Sors de ma chambre, papa. Je ne veux pas de toi ici maintenant', un souhait auquel, bien s√Ľr, j'ob√©is sans un mot" [op. Cit., P. 156]. Par cons√©quent, il y aura encore de la ¬ędiscipline¬Ľ dans la maison libertaire, mais elle sera de nature qui prot√®ge les droits individuels de chaque membre de la famille.

√Člever des enfants dans la libert√© n'implique pas de leur donner beaucoup de jouets, d'argent, et ainsi de suite. Les Reichiens ont fait valoir qu'il ne devrait pas √™tre donn√© aux enfants tout ce qu'ils demandent et qu'il est pr√©f√©rable de leur donner trop peu que trop. En vertu du constant bombardement par des campagnes publicitaires, les parents d'aujourd'hui ont g√©n√©ralement tendance √† donner √† leurs enfants beaucoup trop, de sorte que les enfants cessent d'apprecier les dons et rarement toute la valeur de leurs biens. Cette m√™me r√®gle s'applique √† l'argent, qui, si elle est en exc√®s, peut nuire √† la cr√©ativit√© de l'enfant et jouer sur la vie. Si il n'est pas donn√© trop de jouets aux enfants, ils tirent une joie cr√©ative de faire leurs propres jouets √† partir de de quelconque mat√©riaux libre qui sont √† port√©e de main - une joie dont ils sont d√©poss√©d√©s par plus d'indulgence. Les psychologues soulignent que les parents qui donnent trop de cadeaux essayent souvent de compenser pour avoir donn√© trop peu d'amour.

Il y a moins de danger à récompenser les enfants qu'il y en a à les punir, mais les récompenses peuvent encore saper le moral d'un enfant. La raison en est que, premièrement, les récompenses sont superflus et souvent, en fait, diminuent la motivation et la créativité, comme plusieurs études psychologiques l'ont montré (voir la section I.4.10). Les personnes creatives travaillent pour le plaisir de créer; les intérêts monétaires ne sont pas centraux (ou nécessaires) pour le processus de création. Deuxièmement, les récompenses envoient le mauvais message, à savoir, que faire l'acte pour lequel la récompense est offerte n'est pas la peine d'être faite dans son propre intérêt et le plaisir associé à l'activité créatrice et productive. Et troisièmement, les récompenses ont tendance à renforcer les pires aspects du système de concurrence, conduisant à l'attitude que l'argent est la seule chose qui peut motiver les gens à faire le travail qui a besoin d'être fait dans la société.

Ce ne sont l√† que quelques-unes des consid√©rations qui entrent dans la distinction entre des enfants g√Ęt√©s et les √©lever dans la libert√©. En r√©alit√©, c'est la punition et la crainte d'une discipline maison qui g√Ęte les enfants dans le sens le plus litt√©ral, en d√©truisant leur joie d'enfant et en cr√©ant des personnalit√©s voil√©es. Comme les adultes, les victimes du disciplinarisme auront g√©n√©ralement le fardeau d'une ou plusieurs pulsions secondaires anti-sociales tels que le sadisme, la destruction, l'avidit√©, les perversions sexuelles, etc, ainsi que la rage et la peur r√©prim√©. La pr√©sence de telles pulsions juste au-dessous de la surface de la conscience cause de l'anxi√©t√©, qui est automatiquement d√©fendu contre des couches de l'armature rigide musculaire, ce qui laisse la personne raide, frustr√©, amer, et avec le fardeau des sentiments de vide int√©rieur. Dans une telle condition, les gens sont facilement victimes de l'√©vangile capitaliste de la super-consommation, qui promet que l'argent leur permettra de combler le vide int√©rieur en achetant les produits de base - une promesse qui, bien entendu, est creuse.

La personne blind√©e neurologiquement a aussi tendance √† chercher des boucs √©missaires sur qui est √† l'origine de sa frustration et d'anxi√©t√© contre qui sa rage r√©prim√© peut √™tre ventil√©. Les politiciens r√©actionnaires savent tr√®s bien comment diriger de telles pulsions contre les minorit√©s ou les ¬ęnations hostiles¬Ľ par de la propagande destin√©e √† servir les int√©r√™ts de l'√©lite au pouvoir. Plus important encore, toutefois, le respect de l'autorit√© combin√© avec des pulsions sadiques qui est acquis de par une √©ducation typiquement disciplinaire qui produit une personnalit√© soumise / autoritaire - un homme ou une femme qui suit aveugl√©ment les ordres des "sup√©rieurs" alors que dans le m√™me temps, et qui d√©sire exercer une autorit√© sur des "subordonn√©s", que ce soit dans la famille, dans la bureaucratie √©tatique, ou dans la corporation. De cette fa√ßon, les familles "traditionnelles" (par exemple : autoritaire, disciplinaire, patriarcales) sont le fondement n√©cessaire pour la civilisation autoritaire, la reproduisant avec son cort√®ge de fl√©aux sociaux de g√©n√©ration en g√©n√©ration. "Roots of Evil" de Irving Staub comprend des entrevues d'hommes SS emprisonn√©s, qui, au cours de longs entretiens (ayant pour but de d√©terminer comment les soi-disant personnes ¬ęnormales¬Ľ pourraient accomplir des actes de cruaut√© et de violence inou√Įes) a r√©v√©l√© que la grande majorit√©, ils sont venus de foyers autoritaires, disciplinaires.

J.6.8 Quelle est la position des anarchistes sur la libération sexuelle des adolescents ?

Un des plus grands probl√®mes de l'adolescence est la r√©pression sexuelle faite par les parents et la soci√©t√© en g√©n√©ral. L'adolescence est le moment o√Ļ l'√©nergie sexuelle est √† son apog√©e. Pourquoi, alors, la demande absurde √† ce que les adolescents "attendent jusqu'au mariage", ou au moins jusqu'√† ce qu'ils quittent la maison, avant de devenir sexuellement actif ? Pourquoi y a t-il sur les livres des lois dans des pays "avanc√©s" comme les √Čtats-Unis qui permettent qu'un "gar√ßon" de 19 ans qui fait l'amour avec sa petite amie de 17 ans, avec son plein consentement, d'√™tre arr√™t√© par les parents de la jeune fille (!) pour "viol" ?

Pour r√©pondre √† ces questions, rappelons-nous que la classe dirigeante n'est pas int√©ress√©e √† encourager des tendances de la masse vers la d√©mocratie et l'ind√©pendance et le plaisir ne provenant pas de la base, mais plut√īt ce qu'elle soutient contribue √† la soumission, la docilit√©, la d√©pendance, l'impuissance de la masse, et le respect de l'autorit√© -- traits qui perp√©tuent les hi√©rarchies sur lesquels le pouvoir et les privil√®ges de la classe dirigeante d√©pendent.

Nous avons noté précédemment que, parce que le sexe est la plus intense forme de plaisir (l'un des plus importants contributeurs de l'intimité et de liens des personnes) et qu'il implique la bioénergie du corps et des émotions, la répression de la sexualité est le plus puissant moyen psychologiquement invalidant pour des personnes et en leur donnant une structure de caractère soumise / autoritaire (ainsi qu'aliéner les gens les uns des autres). Reich observe qu'un tel caractère est composé d'un mélange d'"impuissance sexuelle, d'affaiblissement, un besoin d'attachement, une nostalgie pour un chef charismatique, la peur de l'autorité, la timidité, et le mysticisme". Comme il l'a fait également remarqué, "les gens structuré de cette façon sont incapable de démocratie. Toutes les tentatives visant à construire ou à maintenir de véritables organismes démocratiquement réalisé viennent comme une douleur lorsqu'ils rencontrent ces structures de caractère. Ils constituent le sol psychologique des masses dans lequel les tendances dictatoriales ou les tendances bureaucratiques de dirigeants démocratiquement élus peuvent se développer... [la répression sexuelle] produit de la crainte de l'autorité, des vassaux craignant la vie, et donc crée constamment de nouvelles possibilités par lesquelles une poignée d'hommes au pouvoir peuvent diriger les masses" [The Sexual Revolution: Toward a Self-Regulating Character Structure, p. 82, emphasis added]

Sans aucun doute, la plupart des membres de l'√©lite dirigeante ne sont pas pleinement conscients que leur propre pouvoir et privil√®ges d√©pendent de la masse √† perp√©tuer des attitudes n√©gatives sur le sexe. N√©anmoins, ils le ressentent inconsciemment. La libert√© sexuelle est la plus basique et puissante nature, et tous les conservateurs ou r√©actionnaires fr√©missent instinctivement √† la pens√©e du "chaos social" que √ßa lib√©rerait - le rebelle, d√©fiant l'autorit√© du caract√®re type qu'il nourrit. C'est la raison pour laquelle les ¬ęvaleurs familiales¬Ľ et la ¬ęreligion¬Ľ (c'est-√†-dire la discipline et la morale sexuelle compulsive) sont les piliers de l'ordre du jour des conservateurs / r√©actionnaires. Ainsi, il est d'une importance cruciale pour les anarchistes de s'adresser √† tous les aspects de la r√©pression sexuelle dans la soci√©t√©. Et cela veut dire en affirmant le droit des adolescents √† une vie sexuelle sans restriction.

Il existe de nombreux arguments en faveur de la libération sexuelle chez les adolescents. Par exemple, de nombreux suicides d'adolescents pourraient être évités en éliminant les restrictions sur la sexualité des adolescents. Cela devient clair à partir de l'étude ethnologique de peuples "primitifs" sexuellement non repressifs. Ainsi:

"Tous les rapports, que ce soit par les missionnaires ou les chercheurs, avec ou sans indignation sur la "d√©pravation morale" des "sauvages", d√©clarent que les rites de la pubert√© des adolescents les conduit imm√©diatement dans la vie sexuelle ; que certaines de ces soci√©t√©s primitives mettent un grand accent sur le plaisir sexuel, que le rite de la pubert√© est un √©v√©nement social important, que certains peuples primitifs, non seulement n'entravent pas la vie sexuelle des adolescents, mais l'encourage par tous les moyens, comme, par exemple, par l'am√©nagement de maisons communautaires dans lesquelles les adolescents sont admis au d√©but de la pubert√© afin d'√™tre en mesure de jouir de relations sexuelles. M√™me dans les soci√©t√©s primitives dans lesquelles l'institution du strict mariage monogame existe, les adolescents leur sont donn√©s une totale libert√© de jouir de relations sexuelles depuis le d√©but de la pubert√© jusqu'au mariage. Aucun de ces rapports ne contiennent d'indication sur la mis√®re sexuelle ou le suicide des adolescents souffrant de non amour (bien que ce dernier se produise bien s√Ľr). La contradiction entre la maturit√© sexuelle et l'absence de plaisir sexuel g√©nital est inexistante" [Ibid., P. 85].

La répression sexuelle chez les adolescents est également étroitement lié à la criminalité. Si il y a des centaines d'adolescents dans un quartier qui n'ont pas lieu de poursuivre des relations sexuelles intimes, ils le feront dans des coins sombres, dans des voitures ou des camionnettes, etc, toujours sur le qui-vive et soucieux de peur d'être découvert par quelqu'un. Dans ces conditions, la pleine satisfaction est impossible, ce qui conduit à une accumulation de tension, de frustration et de stagnation de la bioénergie (stase sexuelle). Ainsi, ils se sentent insatisfaits, perturbés les uns les autres, deviennent jaloux et en colère, vont dans des bagarres, se tournent vers la drogue comme substitut à une vie amoureuse satisfaisante, vandalisent la propriété pour se libérer de la "pression" (rage réprimée), ou même de meurtre de quelqu'un. Reich note que, "la délinquance des mineurs est l'expression visible de la crise sexuelle souterraine dans la vie des enfants et des adolescents. Et il peut être prédit que la société ne va jamais réussir à résoudre ce problème, le problème de la psychopathologie des mineurs, à moins que la société ait le courage et acquiert les connaissances nécessaires pour réglementer la vie sexuelle de ses enfants et des adolescents d'une façon à positiver le sexe" [Ibid., P. 271].

Pour ces raisons, il est clair que la solution du "probl√®me des gangs" d√©pend aussi de la lib√©ration sexuelle des adolescents. Nous ne proposons pas, bien s√Ľr, que les gangs eux-m√™mes r√©priment l'activit√© sexuelle. En effet, une de leurs principales attractions pour les adolescents est sans aucun doute l'espoir de plus de possibilit√©s de sexe en tant que membre de gang. Toutefois, les gangs de rue sont typiquement obssed√©s par la promiscuit√©, pornographique, sadique, et d'autres aspects ¬ę ombrageux ¬Ľ du sexe montre que pour le moment les enfants atteignent le gang √† l'√Ęge o√Ļ ils ont d√©j√† mis au point des pulsions secondaire malsaines en raison de l'environnement, g√©n√©ralement n√©gatif et r√©pressif quant au sexe, dans lequel ils ont grandi. L'expression de ces pulsions n'est pas ce que les anarchistes expriment par "libert√© sexuelle". Au contraire, les propositions anarchiste de lib√©ration chez les adolescents sont fond√©s sur le principe que la sexualit√© sans restriction dans la petite enfance est la condition n√©cessaire pour une saine libert√© sexuelle dans l'adolescence.

L'application de ces id√©es √† notre propre soci√©t√©, il est clair que les adolescents ne doivent pas seulement avoir suffisamment acc√®s √† une chambre priv√©e o√Ļ ils peuvent √™tre tranquille avec leurs partenaires sexuels, mais que les parents devraient encourager activement ce type de comportement pour le bien de la sant√© et du bonheur de leur enfant (alors que, bien s√Ľr, encourager la connaissance et l'usage de contraceptifs et la sexualit√© sans risque en g√©n√©ral ainsi que le respect de l'autre personne impliqu√©e dans la relation). Ce dernier point (de respecter les autres) est essentielle. Comme le fait remarquer Maurice Brinton, les tentatives de lib√©ration sexuelle rencontre deux types de r√©ponses de la soci√©t√© √©tabli - l'opposition directe et les tentatives de r√©cup√©ration. La deuxi√®me r√©ponse prend la forme de "premiere ali√©nation et de reification de la sexualit√©, et puis de l'exploitation fr√©n√©tique de cette coquille vide √† des fins commerciales. Comme la jeunnesse moderne √©clate du double √©tau de la famille patriarcale autoritaire o√Ļ il rencontre une image projet√©e de la libert√© sexuelle qui est en fait, une distorsion manipulatoire de cela". Cela peut √™tre vu de l'usage du sexe dans la publicit√© jusqu'√† la r√©ussite du d√©veloppement du sexe dans une industrie de grande consommation.

Toutefois, une telle évolution est à l'opposé de la sexualité saine souhaitée par les anarchistes. La raison en est que "le sexe est présenté comme quelque chose à être consommée. Mais l'instinct sexuel diffère de certains autres instincts ... [comme il peut être satisfait que par] un autre être humain, capable de penser, d'agir, de souffrir. L'aliénation de la sexualité dans les conditions du capitalisme moderne est très bien partie de l'ensemble des processus d'aliénation, dans lequel les gens sont convertis en objets (dans ce cas, des objets sexuels de consommation) et les relations sont vidées de tout contenu humain. Sans discrimination, l'activité sexuelle compulsive, n'est pas de la liberté sexuelle - même si elle peut parfois être une préparation pour ça (la morale répressive ne peut jamais en être). L'illusion que le sexe aliéné soit de la liberté sexuelle constitue un autre obstacle sur la voie de l'émancipation totale. La liberté sexuelle implique une réalisation et une compréhension de l'autonomie des autres" [The Irrational in Politics, p. 60, p. 61].

Par conséquent, les anarchistes voient la libération sexuelle chez les adolescentes comme un moyen de développer des individus libres ainsi que la réduction des méfaits de la répression sexuelle (qui, il faut le noter, aident également les personnes deshumanisés en l'encourageant à l'objectivation des autres, et dans une société patriarcale, en particulier des femmes).

J.6.9 Mais ce souci de libération sexuelle des adolescents n'est-il pas juste une distraction par rapport aux perspectives qui devraient concerner plus les anarchistes, comme la restructuration de l'économie ?

Il serait insultant pour les adolescents de suggérer que la liberté sexuelle est, ou devrait être, leur seule préoccupation. Beaucoup d'adolescents ont bien développé une conscience sociale et sont vivement intéressés par les problèmes de l'exploitation économique, la pauvreté, la fracture sociale, la dégradation de l'environnement, et ainsi de suite.

Toutefois, il est essentiel pour les anarchistes de se pr√©munir contre l'attitude qu'on trouve g√©n√©ralement dans les partis marxistes-l√©ninistes pour qui des discussions spontan√©es sur les probl√®mes sexuels des jeunes sont un "d√©tournement de la lutte des classes". Une telle attitude est √©conomiste (pour ne pas mentionner de secr√®tement asc√©tique), car elle est fond√©e sur le pr√©misse que l'√©conomie doit √™tre au c¬úur de tous les efforts r√©volutionnaires vers le changement social. Sans aucun doute, la restructuration de l'√©conomie est importante, mais sans la lib√©ration sexuelle des masse aucune r√©volution de la classe ouvri√®re ne serait compl√©te. Dans une "soci√©t√© libre", il n'y aura pas assez de gens avec les structures de caract√©res n√©cessaires pour cr√©er une durable √©conomie contr√īl√© par le travailleur - c'est-√†-dire des gens qui sont capables d'accepter la libert√© avec responsabilit√©. Au lieu de cela, la tentative de forcer la cr√©ation d'une telle √©conomie sans pr√©parer le sol psychologique n√©cessaire pour sa croissance m√®nera √† un retour rapide √† une nouvelle forme de hi√©rarchie et d'exploitation.

En outre, pour la plupart des adolescents, une rupture libre vis √† vis de la r√©pression sexuelle qui menace de les paralyser psychologiquement est un probl√®me majeur dans leur vie. Pour cette raison, peu d'entre eux sont susceptibles d'√™tre attir√©s par le mouvement de "libert√©" anarchiste si ses exposants se limitent √† des discussions sur l'exc√©dent de valeur, du travail ali√©n√©, et ainsi de suite. Au lieu de cela, traiter les questions et les probl√®mes sexuelles doivent √™tre int√©gr√©s dans une attaque multi-facettes sur l'ensemble du syst√®me de domination. Les adolescents devraient √™tre convaincus que les anarchistes sont du c√īt√© du plaisir sexuel et ne sont pas des asc√®tes r√©volutionnaires exigeant l'abn√©gation au "nom de la r√©volution". Au contraire, il convient de souligner que la capacit√© de la pleine jouissance sexuelle est l'un √©l√©ment essentiel de la r√©volution. En effet, le "questionnement incessant et le d√©fi √† l'autorit√© sur le sujet du sexe et de la famille compulsive ne peuvent que compl√©ter l'interrogation et le d√©fi √† l'autorit√© dans d'autres domaines (par exemple sur la question de qui domine le processus du travail - ou le but du travail lui-m√™me). Les d√©fis soulignent l'autonomie des individus et leur domination sur des aspects importants de leur vie. exposer les deux concepts ali√©n√© qui passent de la rationalit√© et qui r√©gissent une grande partie de notre pens√©e et de notre comportement. La t√Ęche de la conscience r√©volutionnaire est de rendre les deux d√©fis explicite, montrer leur contenu profond√©ment subversif, et expliquer leur inter-relation" [Maurice Brinton, op. Cit., P. 62].

Nous avons noté précédemment que dans les sociétés pré-patriarcale, qui reposent sur l'ordre social du communisme primitif, les enfants ont la liberté sexuelle complète et que l'idée de l'ascètisme de l'enfance se développe quand les sociétés de clan matriarcales se tournent vers le patriarcat dans la structure économique et sociale (voir la section
B.1.5). Ce profond changement dans les attitudes sociales envers la sexualité de l'enfant permet à la structure de caractère orienté de l'autorité à se dévelloper au lieu de l'ancienne non-autoritaire. la recherche Ethnologique a montré que dans les sociétés pré-patriarcales, le caractère général du travail dans la vie collective correspond à la libre sexualité des enfants et des adolescents - cela étant, il n'existe pas de règles pour contraindre les enfants et les adolescents dans des formes spécifiques de vie sexuelle, et cela crée la base psychologique pour l'intégration volontaire dans la discipline collective et volontaire au travail. Ce fait historique soutient l'idée largement répandue que des attitudes positives sur le sexe sont une condition nécessaire à la viabilité du socialisme libertaire.

La psychologie montre aussi clairement que tout obstacle à la sexualité des enfants et des adolescents par les parents, les enseignants, ou les autorités administratives doivent être arrêtés. en tant qu'anarchistes, notre meilleur moyen d'y parvenir est par l'action directe. Ainsi, il convient d'encourager les adolescents à sentir qu'ils ont toutes les chances de construire leur propre vie. Cela ne sera certainement pas un obstacle à une distraction ou à leur implication dans le mouvement anarchiste. Au contraire, si ils peuvent résoudre progressivement le problème de (par exemple) la chambre privée par eux-mêmes, ils vont travailler sur d'autres projets sociaux avec beaucoup plus de plaisir et de concentration. Car, contrairement à Freud, les psychologues Reichiens font valoir qu'au-delà d'un certain point, l'énergie sexuelle en excès ne peut pas être sublimé dans le travail ou dans toute autre activité utile, mais en fait elle perturbe le travail en faisant que la personne est agitée et sujette à des fantasmes, ce qui entrave la concentration.

En plus de s'engager dans l'action directe, les anarchistes peuvent également soutenir la protection juridique de la sexualité des enfants et des adolescents (l'abrogation de la loi malsaine sur le viol -dont il est question plus haut- serait un exemple), tout comme ils soutiennent la législation qui protège le droit des travailleurs à faire la grève, les congés familiaux, et ainsi de suite. Toutefois, comme Reich l'observe, "en aucun cas le nouvel ordre de la vie sexuelle sera établi par le décret d'une autorité centrale" [Ibid., P. 279]. Il s'agit là d'une illusion léniniste. Au contraire, il sera mis en place à partir de la base, par le processus graduel d'une plus en plus large diffusion des connaissances sur les effets personnels et les effets sociaux de la répression sexuelle, ce qui conduira à l'acceptation par les masses de l'éducation libertaire des enfants et des méthodes d'éducation.

Une soci√©t√© dans laquelle les gens sont capables d'une sexualit√© √©panouie sera ceux/celles pr√©f√®rant "faire l'amour, pas la guerre", et ainsi offrant la meilleure garantie pour la s√©curit√© g√©n√©rale. Ensuite, le projet anarchiste de la restructuration des syst√®mes √©conomiques et politiques proc√©deront spontan√©ment, sur la base d'un esprit de joie plut√īt que de haine et de vengeance. Seulement alors il pourra √™tre d√©fendu contre les menaces r√©actionnaire, parce que la majorit√© sera du c√īt√© de la libert√© et capable de l'utiliser de fa√ßon responsable, plut√īt que la nostalgie, inconsciemment, pour la figure d'un p√®re autoritaire leur disant quoi faire.

Par cons√©quent, la pr√©occupation et l'action quant √† la lib√©ration sexuelle des adolescents (ou l'√©ducation des enfants en g√©n√©ral ou l'√©ducation libertaire) est un √©l√©ment cl√© de la lutte sociale et de changement. Elle ne peut en aucun cas √™tre consid√©r√© comme une "distraction" vis √† vis des "importantes" questions politiques et √©conomiques que certains r√©volutionnaires ¬ęs√©rieux¬Ľ aiment r√©clamer. Comme Martha A. Ackelsberg le note (en rapport avec le travail pratique r√©alis√© par le groupe des Mujeres Libres pendant la r√©volution espagnole) :

"Respecter les enfants et bien les éduquer était d'une importance vitale pour le processus de changement révolutionnaire. L'ignorance fait des personnes particulièrement vulnérables à l'oppression et à la souffrance. Plus important encore, l'éducation préparait des personnes à la vie sociale. Des écoles Autoritaires (ou des familles), fondées sur la peur, préparaient des personnes à se soumettre à un gouvernement autoritaire [ou au sein d'un milieu de travail capitaliste]. Différentes écoles et familles seraient nécessaires pour préparer les gens à vivre dans une société sans domination" [Free Women of Spain, p. 133].

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